{"id":2328,"date":"2018-05-19T14:05:29","date_gmt":"2018-05-19T14:05:29","guid":{"rendered":"http:\/\/chroniquescolombiennes.fr\/?p=2328"},"modified":"2018-05-19T14:07:25","modified_gmt":"2018-05-19T14:07:25","slug":"les-collegiens-de-paparemborde-racontent-crossroad-et-leur-rencontre-avec-les-migrants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/?p=2328","title":{"rendered":"Les coll\u00e9giens de Paparemborde racontent Crossroad et leur rencontre avec les migrants"},"content":{"rendered":"[tabs id=\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb style=\u00a0\u00bbv\u00a0\u00bb][tab title=\u00a0\u00bbPhotographies crois\u00e9e\u00a0\u00bb]\n<p><strong class=\"\">Nous sommes all\u00e9s voir l\u2019exposition CrossRoads et Lo\u00efs Simac, un des photographes du projet, a r\u00e9pondu \u00e0 nos questions.<\/strong><\/p>\n<p>Le jeudi 22 f\u00e9vrier, notre classe de 4B du coll\u00e8ge Paparemborde s\u2019est rendue \u00e0 l\u2019exposition CrossRoads \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que de la Marine. Pendant la visite, nous \u00e9tions accompagn\u00e9s de trois professeurs, d\u2019un groupe de femmes migrantes install\u00e9es en France depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, d\u2019hommes venant d\u2019arriver en France et en attente du droit d\u2019asile ainsi que des b\u00e9n\u00e9voles du Centre social qui les accompagnaient. Le photographe Lo\u00efs Simac et le journaliste Adrien Chauvin du collectif Chronos&amp;Kairos \u00e9taient aussi pr\u00e9sents pour r\u00e9pondre \u00e0 nos questions.<\/p>\n<p>L\u2019exposition CrossRoads est n\u00e9e de la rencontre de deux photographes, Tasos Markou et Lo\u00efs Simac, en collaboration avec 12 r\u00e9fugi\u00e9s syriens du camp Softex et des habitants de la banlieue de Thessalonique en Gr\u00e8ce, pour t\u00e9moigner de la crise migratoire. Ce camp de r\u00e9fugi\u00e9s a ferm\u00e9 en juillet 2017. Dans l\u2019exposition il y avait une vingtaine de photos suspendues au mur, toutes en noir et blanc. Les photos montraient le camp de r\u00e9fugi\u00e9s, les habitations, la vie \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du camp ainsi que leurs r\u00eaves. Lo\u00efs Simac est rest\u00e9 10 mois au camp Softex et y a men\u00e9 un atelier photographique.<\/p>\n<p><strong class=\"\">Pourquoi avez-vous choisi de prendre des photos en noir et blanc ?<\/strong><\/p>\n<p>Lo\u00efs Simac : <em class=\"\">Je les ai prises en noir et blanc pour faire un jeu de lumi\u00e8re avec un appareil photo argentique.<\/em><\/p>\n<p><strong class=\"\">Pourquoi n\u2019avez-vous pas mis de titres aux photos ?<\/strong><\/p>\n<p>Lo\u00efs Simac : <em class=\"\">Pour ne pas orienter le visiteur et vous laisser libres d\u2019interpr\u00e9ter le sens des photos.<\/em><\/p>\n<p>Samy, Alexandre et Maxime<\/p>\n[\/tab][tab title=\u00a0\u00bbLe b\u00e9n\u00e9volat, un geste gratuit, un impact gratuit\u00a0\u00bb]<strong class=\"\">Le b\u00e9n\u00e9volat, un geste gratuit, un impact gratuit<\/strong><\/p>\n<p>De nombreuses associations en France aident les migrants. Nous sommes all\u00e9es \u00e0 la rencontre des b\u00e9n\u00e9voles au Centre Social et Culturel du Petit-Colombes. Ils aident les migrants \u00e0 s\u2019int\u00e9grer le mieux possible dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. Pour cela, des cours de fran\u00e7ais sont organis\u00e9s la semaine et des distributions alimentaires ont \u00e9t\u00e9 mises en place. Nous avons interview\u00e9 deux b\u00e9n\u00e9voles : Annie, pr\u00e9sidente et Martine, professeure de fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><strong class=\"\">Quand sont arriv\u00e9s les premiers migrants ?<\/strong><\/p>\n<p>Annie: <em class=\"\">Les migrants sont arriv\u00e9s en juin 2015.<\/em><\/p>\n<p><strong class=\"\">Quel est le but du collectif ?<\/strong><\/p>\n<p>Annie: <em class=\"\">Notre r\u00f4le est de donner aux personnes accompagn\u00e9es de l\u2019autonomie, des cours de fran\u00e7ais, de r\u00e9pondre \u00e0 leurs demandes administratives, de lire leurs courriers et de les accompagner pour recevoir des soins.<\/em><\/p>\n<p><strong class=\"\">O\u00f9 dorment-ils ?<\/strong><\/p>\n<p>Martine : <em class=\"\">Ils n&rsquo;ont pas de maison, ils ont juste une chambre de 7m\u00b2, dans des situations tr\u00e8s pr\u00e9caires, tr\u00e8s sommaires.<\/em><\/p>\n<p><strong class=\"\">Est ce que le collectif a re\u00e7u des aides de l&rsquo;Etat ?<\/strong><\/p>\n<p>Annie :<em class=\"\"> Oui, au d\u00e9but nous avons eu une aide du Conseil r\u00e9gional. Notre collectif a eu 20.000 euros \u00e0 d\u00e9penser sur l&rsquo;ann\u00e9e 2016 mais ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9s. Par la suite, gr\u00e2ce aux dons des particuliers, nous avons pu acheter ce qui manquait.<\/em><\/p>\n<p><strong class=\"\">Les r\u00e9fugi\u00e9s ont-ils une aide de l\u2019\u00c9tat ?<\/strong><\/p>\n<p>Martine : <em class=\"\">Les demandeurs d\u2019asile ont un p\u00e9cule de 200 euros par mois.<\/em><\/p>\n<p><strong class=\"\">Quelles langues utilisez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p>Annie : <em class=\"\">Principalement l&rsquo;anglais et l&rsquo;arabe.<\/em><\/p>\n<p>Le Centre Social et Culturel du Petit-Colombes n&rsquo;est qu&rsquo;un passage pour les r\u00e9fugi\u00e9s. Certains y restent 3 mois, 6 mois. Quelques-uns y vivent depuis 1 an et l\u2019association fait en sorte de les aider et de les accompagner au mieux dans leur quotidien.<\/p>\n<p>Camille, Lisa, Svetlana, Lilliana[\/tab][tab title=\u00a0\u00bbNotre histoire c\u2019est aussi celle de nos parents\u00a0\u00bb]Nous avons voulu parler du parcours migratoire de nos familles et nous int\u00e9resser \u00e0 nos histoires, celle de nos parents. Nous sommes originaires de l\u2019Alg\u00e9rie, du Mali, de la Tunisie et du Maroc. Nous sommes n\u00e9s en France, mais ce n\u2019est pas le cas de nos parents.<\/p>\n<p>Je m\u2019appelle Sarah, j\u2019ai 13 ans et mes parents vivaient \u00e0 Alger. Mon p\u00e8re voyageait entre Alger, Alicante (Espagne) et Marseille pour son travail. Apr\u00e8s un long moment de r\u00e9flexion, mes parents ont d\u00e9cid\u00e9 de vivre \u00e0 Alicante puis se sont install\u00e9s \u00e0 Paris. Ils ont voyag\u00e9 en bateau, par ferry, Alger-Alicante, puis en avion Alicante-Paris. Mon p\u00e8re avait d\u00e9j\u00e0 un appartement sur Paris. Ils avaient eu les papiers, car mon p\u00e8re est n\u00e9 6 mois avant l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie. Ils disent ne pas avoir eu de probl\u00e8mes pour s\u2019int\u00e9grer. Nous sommes repartis vivre en Alg\u00e9rie en 2008, \u00e0 la naissance de mon petit fr\u00e8re, puis nous sommes revenus vivre \u00e0 Colombes.<\/p>\n<p>Je m\u2019appelle Aissata, j\u2019ai 15 ans. Mes parents vivaient \u00e0 Bamako. Ils ont quitt\u00e9 leurs pays pour avoir une meilleure vie et se rapprocher de leurs familles. Ils ont voyag\u00e9 en avion avec de l\u2019argent \u00e9conomis\u00e9. Arriv\u00e9s en France, ils ont d\u00fb trouver un appartement et faire une demande de papiers. Ils ont obtenu leurs papiers deux semaines plus tard et l\u2019appartement est venu par la suite. Maintenant, ils sont heureux d\u2019\u00eatre install\u00e9s en France et ne pensent pas retourner vivre \u00e0 Bamako.<\/p>\n<p>Je m\u2019appelle Imane, j\u2019ai 14 ans : mes parents viennent du Maghreb. Ma m\u00e8re est n\u00e9e \u00e0 Casablanca, au Maroc. Elle a suivi ses parents pour venir habiter en France, \u00e0 Courbevoie. Elle est arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 8 ans, ce n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s compliqu\u00e9 pour elle de s\u2019adapter \u00e0 la langue fran\u00e7aise, car elle apprenait d\u00e9j\u00e0 la langue dans son ancienne \u00e9cole.<br \/>\nMon p\u00e8re, lui, vient d\u2019une petite ville appel\u00e9e la Chebba qui se trouve au sud de Mahdia, en Tunisie. A 17 ans il est arriv\u00e9 en France, \u00e0 Paris, pour obtenir un bon travail et esp\u00e9rer une meilleure vie. Il travaillait dans une boutique de v\u00eatements \u00e0 Barb\u00e8s sur Paris. Mes parents se sont rencontr\u00e9s en France.<\/p>\n<p>Sarah, Imane et Aissata<br \/>\n[\/tab][tab title=\u00a0\u00bbVers un monde meilleur\u00a0\u00bb]Aujourd\u2019hui de nombreux artistes travaillent sur le sujet des migrants en r\u00e9alisant des films, en publiant des livres, en exposant des photos, des sculptures, en cr\u00e9ant des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre\u2026 Nous allons pr\u00e9cis\u00e9ment vous pr\u00e9senter quelques \u0153uvres qui nous ont marqu\u00e9s.<\/p>\n<p>La Fissure<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2322\" src=\"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/9782075084000_cg-400x539.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/9782075084000_cg-400x539.jpg 400w, https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/9782075084000_cg-223x300.jpg 223w, https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/9782075084000_cg.jpg 594w\" sizes=\"auto, (max-width: 223px) 100vw, 223px\" \/>La Fissure est un album photographique qui nous parle de l\u2019entr\u00e9e en Europe des migrants. Les auteurs, photographes et journalistes espagnols, Carlos Spottorno et Guillermo Abril, ont parcouru l\u2019Union europ\u00e9enne et c\u2019est \u00e0 partir de 25000 photographies et 15 carnets de notes rapport\u00e9s qu\u2019ils ont publi\u00e9 La Fissure.<\/p>\n<p>Dans la BD les photos ont un filtre s\u00e9pia qui donne l\u2019impression que certaines photographies sont dessin\u00e9es. Les journalistes racontent une rencontre avec les Africains du Gourougou (montagne du Rif au Maroc). De la page 66 \u00e0 89 ils racontent la travers\u00e9e des migrants en bateau, sur la M\u00e9diterran\u00e9e o\u00f9 la fr\u00e9gate Grecale leur vient en aide. Ils les secourent et les prennent par groupe de 20 sur le canot ; lorsqu\u2019un migrant tombe \u00e0 l\u2019eau il y a toujours un plongeur pour le sauver. Ce jour l\u00e0 ils ont pu sauver 218 personnes dont des b\u00e9b\u00e9s et des enfants, qui ont pu d\u00e9barquer en Sicile. Le titre La Fissure renvoie \u00e0 l\u2019id\u00e9e que l\u2019Union europ\u00e9enne n\u2019est plus prot\u00e9g\u00e9e : ses fronti\u00e8res sont fissur\u00e9es par les conflits des autres pays, qui entra\u00eenent l\u2019arriv\u00e9e de migrants.<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 sur \u00ab Rivages \u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-2323\" src=\"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/event_rivages_125_346687-400x600.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/event_rivages_125_346687-400x600.jpg 400w, https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/event_rivages_125_346687-200x300.jpg 200w, https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/event_rivages_125_346687-683x1024.jpg 683w, https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/event_rivages_125_346687.jpg 700w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/>Trois semaines avant d\u2019aller voir la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00ab Rivages \u00bb, nous avons rencontr\u00e9 Rachid Akbal son metteur en sc\u00e8ne qui nous a donn\u00e9 un avant-go\u00fbt de son spectacle.<\/p>\n<p>Rachid Akbal s\u2019est inspir\u00e9 de vraies personnes : il joue le r\u00f4le de Mohsen Lihidheb un blogueur qui r\u00e9cup\u00e8rent les v\u00eatements de migrants noy\u00e9s : il les trouve sur la plage pr\u00e8s de Zarzis en Tunisie. Sur sc\u00e8ne le blogueur et la journaliste sont interpr\u00e9t\u00e9s par Rachid Akbal et Christine Gu\u00eanon. Ils \u00e9changent sur les \u0153uvres cr\u00e9\u00e9es par Mohsen Lihidheb \u00e0 partir des affaires personnelles des migrants qu\u2019il nomme Mamadou pour les hommes et Saloua pour les femmes. Les com\u00e9diens Mathieu Duval et Teddy Bogaert jouent le r\u00f4le de deux meilleurs amis qui tentent de quitter leur pays, pour les aider, deux hommes les conseillent. Marcel Mankita et Koumbha Kaf jouent ces r\u00f4les.<\/p>\n<p>A l\u2019Espace 89 de Villeneuve-la-Garenne (92), nous avons pu voir la pi\u00e8ce qui montre bien les probl\u00e8mes qu\u2019endurent les migrants et migrantes qui s\u2019enfuient de leurs pays parce qu\u2019il y a la guerre, des probl\u00e8mes politiques&#8230;Rachid Akbal a r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00e9senter un sujet sensible de fa\u00e7on parfois amusante et parfois \u00e9mouvante.<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 vont nos p\u00e8res<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2324\" src=\"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/103488901-400x400.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/103488901-400x400.jpg 400w, https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/103488901-300x300.jpg 300w, https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/103488901-150x150.jpg 150w, https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/103488901-200x200.jpg 200w, https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/103488901.jpg 526w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Cet album de dessin a re\u00e7u plusieurs prix dont celui du meilleur album au festival d\u2019Angoul\u00eame en 2008 et le prix Aur\u00e9alis de la meilleure nouvelle pour jeunes adultes.<br \/>\nL\u00e0 o\u00f9 vont nos p\u00e8res, touche surtout un public de jeunes adultes et adolescents. Cet album sans paroles parle d\u2019un p\u00e8re de famille qui fuit son pays pour de meilleures conditions de vie, laissant sa femme et sa fille. Il part dans un bateau dans lequel de nombreuses personnes sont dans la m\u00eame situation que lui. Il explore seul cette nouvelle soci\u00e9t\u00e9, moderne, \u00e9nigmatique, mais libre.<br \/>\nIl subit de nombreux tests qui sont destin\u00e9s \u00e0 mieux orienter les migrants. Maintenant il doit tout apprendre sur cette nouvelle soci\u00e9t\u00e9 et \u00eatre autonome. Il loue donc une chambre, d\u00e9couvre des animaux qu\u2019il ne connaissait pas, de la nourriture, une \u00e9criture, un langage dont il ignorait l\u2019existence. Il tarde \u00e0 trouver un travail, mais \u00e9choue jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il soit employ\u00e9 dans une usine. Il rencontre de nombreuses personnes et d\u00e9couvre leur histoire. Comme lui, elles viennent de loin et cherchent la paix dans cette nouvelle soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nLorsqu\u2019il s\u2019est enfin adapt\u00e9 \u00e0 cette nouvelle vie, qu\u2019il se sent enfin chez lui, sa famille vient \u00e0 lui manquer. Il envoie donc une lettre \u00e0 sa femme et sa fille pour qu\u2019elles viennent le rejoindre. Une fois r\u00e9unis, ils sont heureux dans cette nouvelle vie.<\/p>\n<p>J\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 cet album, il est facilement compr\u00e9hensible gr\u00e2ce \u00e0 ses illustrations, bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de dialogue. On s\u2019attache aux personnages et on comprend leur histoire. Certaines illustrations sont tellement r\u00e9alistes qu\u2019elles font penser \u00e0 des photographies.<\/p>\n<p>Romane, Issra, Elisa<br \/>\n[\/tab][tab title=\u00a0\u00bbRencontre avec des femmes migrantes\u00a0\u00bb]Le jeudi 15 f\u00e9vrier, nous avons rencontr\u00e9 des femmes migrantes \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que de la Marine.<br \/>\nNous avons visit\u00e9 ensemble CrossRoads une exposition de photographies qui montre la vie dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s, en Gr\u00e8ce, en 2017. Juste apr\u00e8s la visite de l&rsquo;exposition, nous nous sommes retrouv\u00e9s avec un groupe de dix femmes. L&rsquo;ambiance \u00e9tait d\u00e9tendue, certaines \u00e9taient plus timides. Au d\u00e9but, nous avons pos\u00e9 une ou deux questions, mais tr\u00e8s vite, elles ont racont\u00e9 leur vie.<\/p>\n<p>Elles se sont pour la plupart mari\u00e9es tr\u00e8s jeunes au Maghreb (14 ans pour quelques unes). Elles sont ensuite venues en France, la plupart pour rejoindre leur mari. Certaines expliquent que c\u2019\u00e9tait difficile au d\u00e9but, car elles ne parlaient pas le fran\u00e7ais. Elles restaient toute la journ\u00e9e chez elles. Elles ont pris des cours de fran\u00e7ais avec des associations. Elles \u00e9taient assez \u00e2g\u00e9es, mais avaient la p\u00eache. Elles nous ont dit qu\u2019aujourd\u2019hui parler fran\u00e7ais \u00e9tait plus facile, mais qu\u2019au d\u00e9but elles n&rsquo;avaient pas forc\u00e9ment tout le vocabulaire et avaient un fort accent. Mais c&rsquo;est normal quand on vient d&rsquo;un autre pays, on a toujours un accent. Pour nous c\u2019\u00e9tait comme des grand-m\u00e8res, elles \u00e9taient gentilles, mais strictes.<\/p>\n<p>Malik et Ayman<br \/>\n[\/tab][tab title=\u00a0\u00bb\u00ab L\u2019arriv\u00e9e en France est une nouvelle vie \u00bb\u00a0\u00bb]\nEn cours de g\u00e9ographie nous avons \u00e9tudi\u00e9 le parcours des migrants aujourd\u2019hui. Nous, on va vous raconter l\u2019histoire et le parcours de nos parents arriv\u00e9s de Tunisie et de Guin\u00e9e. Nos p\u00e8res sont tous les deux venus en France dans les ann\u00e9es 2000 pour trouver une vie meilleure et un bon travail.<\/p>\n<p>Ils ont tous les deux mis du temps pour avoir les papiers n\u00e9cessaires pour venir. Apr\u00e8s quelques semaines d\u2019attente, ils ont pu partir en France, l\u00e9galement, en avion, contrairement \u00e0 la plupart des migrants dont nous avons \u00e9tudi\u00e9 le parcours en cours. Aujourd\u2019hui, les migrants arrivent dans des conditions tr\u00e8s difficiles. Comme ils n\u2019ont pas les papiers n\u00e9cessaires, ils doivent payer beaucoup, environ 6000$, pour un groupe de 5 personnes. Pour arriver \u00e0 destination, ils doivent prendre plusieurs chemins, avec diff\u00e9rents moyens de transport : \u00e0 pied, en bus, en train et pour quelques personnes, en avion. Certains viennent sur des petites embarcations o\u00f9 des sortes de \u00ab mafias \u00bb prennent l\u2019argent et les laissent \u00e0 la mer. Beaucoup meurent ou se font arr\u00eater aux fronti\u00e8res par la police qui les renvoie chez eux.<\/p>\n<p>Contrairement aux femmes que nous avons rencontr\u00e9es pendant l\u2019exposition CrossRoads, la m\u00e8re d\u2019Iman, elle, est venue avant d\u2019\u00eatre mari\u00e9e. C\u2019est quand il est arriv\u00e9 en France que le p\u00e8re d\u2019Iman l\u2019a rencontr\u00e9e. Ils ont d\u00e9cid\u00e9 de se mettre ensemble alors que les parents de Rami \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9s. Au d\u00e9but, c\u2019\u00e9tait difficile de trouver un bon logement, mais ils ont pu obtenir un meilleur travail, gagner de l\u2019argent et avoir des enfants. Maintenant ils peuvent retourner dans leur pays d\u2019origine. Ils peuvent voir leur famille quand ils veulent.<\/p>\n<p>Rami et Iman<br \/>\n[\/tab][tab title=\u00a0\u00bbParcours de demandeurs d\u2019asile\u00a0\u00bb]\nLe 15 f\u00e9vrier 2018, nous avons visit\u00e9 l&rsquo;exposition CrossRoads \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que de la Marine. Apr\u00e8s la visite, notre classe s&rsquo;est s\u00e9par\u00e9e en deux groupes.<br \/>\nPendant que l&rsquo;autre groupe est all\u00e9 rencontrer des femmes venant du Maghreb, nous sommes all\u00e9s \u00e0 la rencontre d&rsquo;un groupe d&rsquo;hommes r\u00e9cemment arriv\u00e9s en France.<br \/>\nCe groupe \u00e9tait constitu\u00e9 de trois migrants soudanais et d&rsquo;un migrant afghan. Ils avaient tous quitt\u00e9 leur pays pour la m\u00eame raison : la guerre.<\/p>\n<p>Actuellement, ils attendent tous une r\u00e9ponse de l&rsquo;OFPRA (l&rsquo;Organisation Fran\u00e7aise de Protection des R\u00e9fugi\u00e9s et Apatrides) suite \u00e0 une demande d&rsquo;asile qu&rsquo;ils ont d\u00e9pos\u00e9e. Selon les statistiques, les migrants Afghans ont 80,9% de chance d&rsquo;obtenir l&rsquo;asile contre 42,3% de chance c\u00f4t\u00e9 Soudanais (source : Infos Migrants). L&rsquo;asile leur permettrait de pouvoir travailler l\u00e9galement sur le sol fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Dans leur pays, la plupart vivait de l\u2019agriculture ou du commerce. Pendant leur voyage, certains ont \u00e9t\u00e9 battus, comme l&rsquo;Afghan malmen\u00e9 par la police hongroise, qui lui a cass\u00e9 son t\u00e9l\u00e9phone. Un des Soudanais nous a racont\u00e9 qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 pris en otage en Libye. Les ravisseurs ont appel\u00e9 sa famille pour obtenir une ran\u00e7on contre sa lib\u00e9ration. Il a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, mais beaucoup de ses compagnons ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s.<\/p>\n<p>La plupart d&rsquo;entre eux ont peu ou aucun contact avec leur famille. Ils sont nombreux \u00e0 avoir quitt\u00e9 un pays qu&rsquo;ils aiment, \u00e0 la recherche d&rsquo;un Eldorado qui n&rsquo;en est pas vraiment un.<\/p>\n<p>C\u00e9sar, Aryles, Mory<br \/>\n[\/tab][tab title=\u00a0\u00bbAffiche expo CrossRoads \u00ab\u00a0]Moi In\u00e8s, je vais vous parler de l\u2019affiche de l\u2019exposition Crossroads car elle m\u2019a marqu\u00e9e. Du coup, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de vous en parler.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2339 size-full\" src=\"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/LOS09106.jpg\" alt=\"\" width=\"4503\" height=\"3004\" \/><br \/>\nSur l\u2019affiche, la photo choisie est en noir et blanc et les couleurs vont du plus clair au plus fonc\u00e9. Sur l\u2019image on peut voir plusieurs personnes, mais juste leur corps : leur t\u00eate est coup\u00e9e sur l\u2019affiche. Le centre de l\u2019affiche est un plan sur leur reflet dans une flaque d\u2019eau. Cela peut nous faire penser qu\u2019ils sont peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 partis pour une autre destination ou peut-\u00eatre morts. Mais cette photo nous montre aussi que les personnes migrent vers d\u2019autres pays. Il y a peut-\u00eatre des enfants, des adultes ou m\u00eame des personnes \u00e2g\u00e9es. L\u2019ambiance de cette image est triste car ils quittent leurs proches pour une nouvelle vie. L\u2019endroit o\u00f9 la photo a \u00e9t\u00e9 prise nous laisse penser qu\u2019ils partent peut-\u00eatre en camion, car il y a du sable, des champs. Ils sont tous l\u2019un derri\u00e8re l\u2019autre et suivent le m\u00eame chemin alors qu\u2019ils viennent de pays diff\u00e9rents. L\u2019expression que l\u2019image nous montre est assez triste, car ils quittent leur pays pour une nouvelle vie.<\/p>\n<p>In\u00e8s<br \/>\n[\/tab][\/tabs]\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le jeudi 22 f\u00e9vrier, notre classe de 4B du coll\u00e8ge Paparemborde s\u2019est rendue \u00e0 l\u2019exposition CrossRoads<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2340,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"cybocfi_hide_featured_image":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[272],"tags":[288],"class_list":["post-2328","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-paparemborde","tag-ecrit"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/LOS09104-scaled.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9VEdz-By","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2328","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2328"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2328\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2344,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2328\/revisions\/2344"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2340"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2328"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2328"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2328"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}