{"id":2293,"date":"2018-05-18T16:10:27","date_gmt":"2018-05-18T16:10:27","guid":{"rendered":"http:\/\/chroniquescolombiennes.fr\/?p=2293"},"modified":"2018-05-18T16:24:45","modified_gmt":"2018-05-18T16:24:45","slug":"dame-agnes-poetesse-colombienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/?p=2293","title":{"rendered":"Dame Agn\u00e8s, po\u00e9tesse colombienne"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-weight: 400;\">Qui n\u2019a pas crois\u00e9 Agn\u00e8s dans une rue de Colombes, un jour ici un jour ailleurs, mais toujours : \u00ab ici et maintenant \u00bb ? Une personnalit\u00e9 d\u2019exception cach\u00e9e derri\u00e8re un regard malicieux qui ne laisse pas indiff\u00e9rent. C\u2019est au centre de Colombes qu\u2019habite cette petite dame hors normes, au teint qui sent bon l\u2019Oc\u00e9an Indien, une po\u00e9tesse d\u2019exception qui parle d\u2019amour, de beaut\u00e9, de bonheur, avec des mots simples ou riches, sans forfanterie. Agn\u00e8s \u00e9crit comme elle est : unique, multiple, fac\u00e9tieuse, rieuse, r\u00e9serv\u00e9e, curieuse de la vie, tourn\u00e9e vers l\u2019autre. Elle, la po\u00e9tesse aux rimes d\u2019acier et de soleil. Elle qui vous remonte le moral m\u00eame si elle est encore moins bien que vous.<\/span><\/p>\n<p><b>Une \u00e9nergie contagieuse<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Quand elle se prom\u00e8ne dans les rues de Colombes, Agn\u00e8s fait penser \u00e0 une elfe. Son chapeau toujours viss\u00e9 sur la t\u00eate et une canne \u00e0 la main pour soulager ce pied qui lui donne une d\u00e9marche sautillante. Il suffit de la regarder pour voir que le tourbillon de sa vie refl\u00e8te de grands bonheurs et des tristesses profondes, mais que sa d\u00e9termination, sa foi, sa joie de vivre, son altruisme lui ont permis de soulever des montagnes et d\u2019en atteindre les sommets. \u00ab Il ne faut rien attendre en retour mais donner et partager \u00bb, affirme-t-elle. La dame ne se raconte pas, sauf \u00e0 ses proches qui ont su, au fil du temps, gagner sa confiance et \u00e0 qui elle a consenti \u00e0 d\u00e9voiler de petits fragments de sa vie si riche et d\u00e9j\u00e0 si longue. Agn\u00e8s s\u00e8me ses diamants de philosophie et d\u00e9gage une \u00e9nergie puissante, jusque dans les conversations qui ne sont jamais ordinaires et o\u00f9 les mots partage, espoir, lumi\u00e8re, \u00e9nergie, l\u00e2cher-prise, silence jaillissent toujours \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre. En ajoutant en toute simplicit\u00e9 : \u00ab j\u2019entends passer la vie \u00bb ou \u00ab la vie est un d\u00e9fi permanent \u00bb le tout murmur\u00e9, d\u00e9clam\u00e9 de sa voix chantante et enivrante. Une esth\u00e8te \u00e0 la foi in\u00e9branlable qu\u2019elle vit comme elle respire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">N\u00e9e \u00e0 Madagascar, il y a quelques d\u00e9cennies, Agn\u00e8s est arriv\u00e9e en France deux ans apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance de son pays ; plus pr\u00e9cis\u00e9ment le 18 novembre 1962, comme l\u2019atteste son \u00ab certificat de passage de l\u2019Equateur \u00bb \u00e9tabli dans l\u2019avion. Agn\u00e8s a \u00e9lev\u00e9 ses deux enfants et consacr\u00e9, avec passion et amour, sa vie \u00e0 la petite-enfance dont elle dit \u00ab qu\u2019ils sont le premier maillon de la cha\u00eene de la vie \u00bb et qu\u2019en tant que tels, ils doivent recevoir le meilleur. A l\u2019\u00e2ge de la retraite, il n\u2019\u00e9tait pas question de s\u2019arr\u00eater. En se tournant vers le service Interg\u00e9n\u00e9rationnel de Colombes, elle s\u2019est lanc\u00e9e dans un tourbillon d\u2019activit\u00e9s et a particip\u00e9 \u00e0 tant d\u2019\u00e9v\u00e8nements qu\u2019elle-m\u00eame en a certainement oubli\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><b>La po\u00e9sie dans la peau<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">D\u2019abord, l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture, gr\u00e2ce \u00e0 un ticket d\u2019essai. Elle h\u00e9site puis se rend rue de Solf\u00e9rino. De toutes les \u00e9crivaines, c\u2019est elle qui retient le regard et l\u2019attention. Install\u00e9e seule en bout de table, Agn\u00e8s, son fid\u00e8le crayon noir dans une main, la gomme dans l\u2019autre, \u00e9crit de sa fine plume des textes po\u00e9tiques, mais la perfection doit \u00eatre l\u00e0. Alors elle gomme et r\u00e9\u00e9crit. Elle enfreint les consignes de l\u2019\u00e9criture spontan\u00e9e, rebelle jusqu\u2019au bout de la gomme. Il faut que tout soit en ordre comme dans sa t\u00eate. Il faut que ce soit beau, tout simplement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Agn\u00e8s se passionne pour la po\u00e9sie et le chant. Elle participe au Printemps des po\u00e8tes, chante \u00e0 l\u2019occasion de la Semaine bleue, du Festival de la voix ou encore lors de la comm\u00e9moration de l\u2019esclavage du 10 mai. Agn\u00e8s est pr\u00e9sente m\u00eame o\u00f9 on ne l\u2019attend pas. Il faut l\u2019avoir vue avec les Batucadas taper sur la ca\u00efxa avec une joie de gamine qui tremperait son doigt dans un pot de confiture, elle qui n\u2019en mange pas mais qui en fait juste pour le plaisir de ses amis.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Rien ne l\u2019arr\u00eate. M\u00eame pas la maladie qui actuellement l\u2019oblige \u00e0 faire une pause pour mieux rebondir d\u00e8s que cela sera possible. La po\u00e9sie reste son second ADN. Ses textes cisel\u00e9s, pr\u00e9cis, sont un vrai bonheur pour ses lecteurs privil\u00e9gi\u00e9s. Elle attend le r\u00e9sultat du concours annuel de la RATP et \u00e9crit pour la Ruche des Arts, apr\u00e8s avoir r\u00e9cemment re\u00e7u le \u00ab 1er prix \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 po\u00e9sie \u00bb du concours de Gens du Monde, avec Ma chambre implantable, \u00e9crit \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Pour Dame Agn\u00e8s \u00ab il faut voir, il faut y croire \u00bb. Et elle y croit.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Elisabeth Regenet-Capuana (la tortue \u00e0 plumes)<\/span><\/p>\n<p>=======<\/p>\n\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><b>Le retour<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le temps passe, confidence pour confidence<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Si la vie m\u2019\u00e9tait cont\u00e9e, j\u2019ai deux amours<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ma Terre natale, le lieu de ma naissance<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Paris o\u00f9 mes deux enfants ont vu le jour<\/span><\/p>\n\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Cela vaut l\u2019aller<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">&#8211;<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">retour, sans en faire le dessin<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Libre et fid\u00e8le, je m\u2019envole vers le Soleil<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">&#8211;<\/span><span style=\"font-weight: 400;\">Levant<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ma Grande Ile Rouge, dans l\u2019Oc\u00e9an Indien<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">O\u00f9 j\u2019ai grandi, le soleil \u00e9tait plus br\u00fblant<\/span><\/p>\n\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ma jeunesse \u00e9tait plut\u00f4t un bain de nature<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Pas d\u2019asphalte au parfum goudronn\u00e9<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Sentez ces \u00e9pices, cannelle, vanille, l\u2019air pur<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les mangroves, sanctuaires de biodiversit\u00e9<\/span><\/p>\n\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il n\u2019y a pas de mar\u00e9es de voitures, gar\u00e9es en \u00e9pi<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Qui volent l\u2019espace de jeux aux enfants et leurs amis<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">J\u2019ai connu une centenaire g\u00e9ante tortue<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au milieu d\u2019herbes sauvages non tondues<\/span><\/p>\n\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Avez-vous soif\u00a0? Venez donc vous d\u00e9salt\u00e9rer <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Asseyez-vous sur le talus de gazon moquett\u00e9<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le lait de coco vous sera servi sur l\u2019heure<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Cocos frais, cueillis sur pied, point n\u2019est besoin de verre<\/span><\/p>\n\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les ananas gorg\u00e9s de jus, sucr\u00e9s de soleil<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Rafra\u00eechissent, \u00e9tanchent la soif \u00e0 merveille<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Une halte sensationnelle \u00e0 la station \u00ab\u00a0Bienvenue\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La rivi\u00e8re argent\u00e9e caresse, relaxe vos pieds nus<\/span><\/p>\n\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019eau vive coule sous le pont, murmure radieux<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ainsi s\u2019\u00e9gr\u00e8nent, paisibles, mes jours heureux<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Voici l\u2019aliz\u00e9, vogue fr\u00eale pirogue \u00e0 pagaie<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Fragile embarcation, mais la vie \u00e9tait si gaie\u00a0!<\/span><\/p>\n\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Agn\u00e8s Raveloson (avril 2018)<\/span><\/p>\n<p>Illustration : Pauline, atelier photo men\u00e9 \u00e0 la MJC-La Marine<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qui n\u2019a pas crois\u00e9 Agn\u00e8s dans une rue de Colombes, un jour ici un jour ailleurs, mais toujours : \u00ab ici et maintenant \u00bb ?<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2298,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"cybocfi_hide_featured_image":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[283],"tags":[288],"class_list":["post-2293","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-service-intergenerationnel","tag-ecrit"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/16_40_50-1.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p9VEdz-AZ","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2293","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2293"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2293\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2295,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2293\/revisions\/2295"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2298"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2293"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2293"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniquescolombiennes.chronosetkairos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2293"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}